Résumé
de
L’autorité : Un enjeu pour la
famille ?
Cette question
d’actualité renvoie aux mutations actuelle des relations sociales
et familiales et qui se traduisent par :
L’isolement et
fragilisation des familles
Les risques de
maltraitance (parents démissionnaires ou
démissionnés ?),
La baisse de la
socialisation extérieure à la famille,
La socialisation ou
la massification des relations sociales.
De quelle autorité
parle-t-on ? L’autorité qui « fait
autorité » ou autorité «
sanction » ?
Les parents sont de plus en plus dans une
relation de séduction plus que d’autorité avec leurs
enfants, dominée par la peur de ne pas en être aimé. Cette
attente les fragilise. Or ils ont à faire place à la loi
du groupe tout en valorisant l’individualité de leur
enfant. De plus les parents ne peuvent plus s’appuyer sur un discours
cohérent sur la façon d’éduquer un enfant. Les
progrès de la recherche ont fait prendre en compte la diversité
des enfants et de leur mode de développement alors que les
modèles sociaux de référence se faisaient plus
étroits.
Un autre est à
prendre en compte : l’évolution des figures
d’autorité familiales et leur fragilisation.
Notamment la mutation
de l’autorité
maternelle avec le développement du salariat féminin (entre 1970
et 1990 renversement du taux
d’activité des femmes il passe de 25% à 75%). La place des
grands parents et des arrières grands parents est bouleversée (en
1960 seuls 5% des enfants naissaient avec leurs 4 grands parents vivants, en
1990 : 61%). Ils sont pris en étau entre les attentes de leurs
enfants et de leurs parents. Or les grands parents ont un rôle essentiel
par rapport à l’autorité qui doit être
différente de celle des parents.
L’enfant se
construit selon 2 axes : le principe de plaisir / le principe de
réalité
Selon le
premier 3 attentes fortes:
-
-
je suis le centre du monde,
-
-
j’ai tout ce que je veux
-
-
je le veux tout de suite.
-
-
Le principe de
réalité apporte justement des restrictions et donc des
frustrations sur ces 3 plans en étant exactement l’inverse :
-
-
je ne suis pas le centre du
monde,
-
-
je n’ai pas tout ce que je
veux
- je
dois attendre pour l’avoir.
L’autorité
doit permettre à l’enfant d’articuler les deux et de trouver
sa place dans des relations sociales. L’apprentissage de l’attente
est nécessaire à la capacité de faire des projets
(satisfaction différée).L’autorité est l’outil
de cadrage nécessaire à la socialisation.
L’autorité
doit constituer un repère
lisible et constructif : l’enfant doit savoir d’où il
vient (ses parent constituent le matériau lui permettant de se construire) et il
doit pouvoir s’identifier positivement à eux.
L’autorité
est le cadre nécessaire à la mise en place des repères.
Au Québec on
avait atteint le seuil de 50%d’enfants sous traitement pour
hyperactivité. Un groupe d’étude a mis en lumière un
schéma familial fondé sur une alimentation « ambulatoire » :
aucun repas n’était pris assis. Il en va de même pour les
enfants « zappeurs » : on retrouve une absence de
cadrage des activités par un adulte.
Si une
autorité n’a pas permis à l’enfant
d’évoluer vers la prise en compte de l’autre on peut rencontrer
l’un de ces 30 % d’enfants racketteurs qui n’ont pas
quitté le stade « je prends ce que je veux ». De
même si l’enfant grandit dans une place autre que la sienne en
se substituant à l’adulte tout puissant dans le cadre familial. Le marquage du territoire
(à toi, à moi) permet la mise en place de relation de type
séduction/don. L’absence d’autorité peut aussi
conduire à l’entrée dans une bande qui comblera les
repères manquants mais pas forcement avec ceux qui conviennent….
La violence peut en découler parce que
l’enfant est resté au
stade du « tout petit ». Elle peut aussi se retourner
contre lui même. On distingue les violences
« exogènes » : physique, verbale, sur
l’environnement et l’autoviolence : toxicomanie,
décrochage scolaire, alcoolisme et comportements à risques.
L’autoviolence est souvent liée à l’absence
d’apprentissage de la gestion des conflits. Elle peut aussi dans le cadre
des conduites « à risques » constituer un test
d’amour. (2 attentes chez les ados : est ce que vous m’aimez ;
donnez moi des conseils que je ne suivrais pas…)
Les parents doivent
contribuer à la mise en place de 3 types de repères :
individuels, sociaux et familiaux.
Les repères
individuels : ils doivent
favoriser la valorisation des compétences de l’enfant, respecter
ses rythmes personnels pour leur permettre d’évoluer vers les
rythmes sociaux de vie mais aussi de développement. (p. ex.
l’âge « normal « pour la propreté va
de 2 à 6 ans, pour l’apprentissage de la lecture
(déchiffrer/ comprendre/ aimer) de 4 à 9 ans etc.).
Faire autorité
implique donc de respecter les rythmes, les rituels (doudous…), les modes
d’intelligence. On remet en cause la hiérarchisation des
intelligences en vigueur dans notre système qui privilégie le
logique et l’actif par rapport à l’imaginatif, au
rêveur…
Il faut ajuster son
regard aux compétences de l’enfant « qui ne rentre pas
dans le moule » (cf. la résilience : un enfant
handicapé est d’abord et aussi un enfant. L’autorité
ne doit pas renvoyer une image négative)
Les repères sociaux : Ils préparent au partage et à
l’attente. Elle permet de pouvoir s’inscrire dans un projet. Et
donc de renoncer au principe du plaisir immédiat que l’on va
retrouver dans la toxicomanie ou le surendettement.
L’autorité
se construit sur la gestion de l’attente. A défaut principe de la
contrepartie immédiate : on ne s’engage que dans le court
terme si ça rapporte quelque chose d’immédiatement
perceptible.
Les repères
familiaux : ils
répondent aux grandes questions :
-Qui suis je : lisibilité
de mon histoire (/secrets de famille). Possibilité
d’identification positive : le parent disqualifié ne doit pas
devenir disqualifiant ; traduire les situations complexes :
réfléchir sur la place des beaux parents dans les familles
« recomposées » , et au poids de ce
vocabulaire (renvoi aux familles
« décomposées » ? Au Québec on
parle de « multi composé » et de famille
« acquise » plutôt que de demi –frère,
sœur…)
- Est ce que mes
parents m’aiment tel que je suis ?
- Qu’ai je le
droit de faire ?
- Quelle est ma
place dans cette famille ?
Seule une
autorité assumée permet
le mise en place de ces repères qu’il n’est jamais
trop tard pour mettre en place…