Allocution de Madame Monika DUSONG, conseillère d'Etat,

lors du forum « développer la communication et des relations sans violence à l'école »

à Neuchâtel, 20 novembre 2002

 

Mesdames, Messieurs,

C'est avec un vif plaisir que je me retrouve parmi vous à l'occasion de ce forum « développer la communication et des relations sans violence à l'école ».

Vous serez peut-être étonnés de voir la cheffe du département de la justice, santé sécurité ouvrir ce forum plutôt que le directeur de l'instruction publique. N'ayez crainte ! Ceci n'est pas une OPA inamicale ou une tentative de prise de pouvoir sur le monde de l'éducation. Je remplace simplement aujourd'hui mon collègue M. Thierry Béguin, absent en mission pour la francophonie à Ouagadougou. Toutefois, ma présence ici montre à l'évidence que ce dossier a été mené et développé main dans la main entre nos deux départements, étant entendu que la police a une fonction de veille, d'alerte, qu'elle peut contribuer à trouver des solutions à des problèmes de la société mais qu'en aucun cas elle n'a la prétention de pouvoir les résoudre. J'y reviendrai.

Le nombre d'établissements scolaires qui présentent cet après-midi des réalisations de prévention de la violence démontre de l'importance donnée à cette démarche et malheureusement peut-être du besoin de semblable démarche.

Cette dernière est d'une certaine manière l'aboutissement d'une réflexion initiée par le Département de la Justice, Santé et Sécurité. En effet, la police cantonale effectue annuellement le bilan des crimes et autres délits enregistrés. L'augmentation de la violence et des problèmes liés au trafic de produits stupéfiants constatés il y a 5 ans déjà a amené le Département à se pencher sérieusement sur cette problématique. Les possibles explications à ces phénomènes sont bien évidemment nombreuses et complexes.

Sur du court et moyen terme, des structures policières et judiciaires adaptées peuvent répondre aux situations d'urgence. Elles ne peuvent  cependant pas les résoudre seules. Ainsi que je l'ai mentionné, les origines complexes de ces phénomènes requièrent des approches interdisciplinaires d'une part, du travail en amont de ces phénomènes d'autre part, et surtout un investissement sur le long terme.

Le Conseil d'État a été sensibilisé à la problématique et il a souhaité voir s'instaurer une étroite collaboration entre les acteurs concernés. Ainsi, un groupe de travail interdisciplinaire et interdépartementale a été chargé d'analyser la problématique de la violence juvénile et de faire des propositions concrètes.

En adoptant en février 2000, 13 mesures de lutte contre la délinquance juvénile, dont 4 urgentes, les autorités cantonales démontrent par là tout le sérieux accordé à ce phénomène.

Constater un problème, tenter d'y apporter des solutions, mettre des moyens à disposition pour prendre des mesures correctrices ne sert à rien si cette volonté politique ne rencontre pas un écho favorable au niveau des personnes qui sont à même de les concevoir et de les réaliser. Ce qui est exceptionnel dans ce dossier est l'effet multiplicateur que nous avons pu constater. Rarement, me semble-t-il la volonté politique exprimée a été reprise avec une telle intensité par les acteurs du terrain.

L'école est un cadre institutionnel essentiel qui doit permettre un travail de fond en matière de prévention de la violence. Je ne peux que relever l'excellent travail des enseignants et des directions d'établissement déjà impliqués dans cette approche de longue haleine.  J'aimerais leur dire ici toute mon admiration, mais aussi la gratitude du gouvernement, pour leur mobilisation exemplaire. Les remerciements s'adressent également aux services concernés.

La prévention de la violence n'est pas un signe de qualité ISO. Ainsi que pourrait le formuler Albert Jacquard, cela devrait plutôt être un prétexte pour interagir, écouter. Pour l'enfant cela doit être une opportunité de prendre conscience de l'existence de limites. Ces limites nécessaires lui permettront également de grandir. Ce que n'a de cesse de répéter le thérapeute et conférencier Maurice Nanchen, maintenant connu d'un nombre certain de familles neuchâteloises.

Je suis convaincue que les réalisations actuelles de prévention de la violence entreprises par des écoles de notre canton de même que les réalisations à venir pourront contribuer à nous éviter de connaître des situations de violence vécues par certains pays voisins. A n'en point douter elles contribueront à atteindre un des objectifs que le DJSS  s'est fixé: le retour à une meilleure sécurité pour les citoyens.

Mais surtout, elles contribueront à baser nos relations avec les jeunes et entre les jeunes sur le respect mutuel, des règles du jeu claires, garantes du développement harmonieux de nos enfants.

En conclusion, j'aimerais d'abord vous remercier de consacrer cette journée à réfléchir ensemble sur le phénomène de la violence qui ne doit pas être accepté avec résignation. Merci d'être à nos côtés, merci de faire preuve de créativité et d'initiatives, merci de votre curiosité lorsque vous vous informerez mutuellement sur les réalisations des divers établissements scolaires, merci d'apprendre  et de progresser ensemble. Vous avez le soutien politique que je vous apporte au nom du gouvernement.

C'est dans ce sens que je vous souhaite un forum enrichissant et fructueux.

 

 

 

 

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